- Just Bedford -

Bedford is the county town of Bedfordshire, England. It is a large town and the administrative centre for the Bedford borough. Bedford was a market town for the surrounding agricultural region from the early Middle Ages. The River Great Ouse passes through the town centre. Bedford has two railway stations. Bedford is home to one of the largest concentration of Italian immigrants in the UK. Bedford is home to five public schools run by the Harpur Trust charity.

Commentaires Récents

Mercredi 4 juin 2008
Etre chez soi, c'est un peu vivre son train-train sur l'épaule. C'est déambuler, le pas plus ou moins vif, entre son appartement, son boulot et ses lieux favoris. Souvent, entre deux journées passablement identiques, la tête penchée, les yeux lancés par la fenêtre, on rêve de voyages, d'exil, d'ailleurs, d'évasion. On rêve, en somme, de se dégager du quotidien, ce quotidien systématiquement banal, morne, déprimant, déprimé, mille fois revisité, pas excitant pour un sou. Et on grogne, boudeur, en plongeant dans le métro.




Me voilà rentré. Je viens de passer les huit derniers mois en Angleterre. Huit mois "loin" de chez moi. De l'avis de certains, ce serait l'heure du bilan. Alors, que retenir ? Je pourrais parler pêle-mêle de moeurs étranges, de goûts bizarres, de lieux sympa, de lieux magiques, de rencontres tantôt étonnantes, tantôt fantastiques et faire ainsi le tour - infidèle et bâclé - d'une farandole de souvenirs. Mais, ce faisant, j'aurais non seulement le sentiment de ne rien dire d'essentiel, mais aussi celui de tourner le dos à la première de mes découvertes, celle qui m'a le plus frappé et celle dont, en un sens, je suis le plus fier : l'amour de mon propre pays. L'attachement à mon quotidien. Le besoin de mes habitudes.

Car - on s'en doute - vivre à l'étranger, c'est d'abord faire l'expérience de l'autre. Une expérience immédiate et totale ; une immersion complète, au cours de laquelle chacun se défait de la triste couleur de la routine. Mais, très vite, après quelques semaines, quelques mois, les choses prennent une autre tournure. L'autre, à son rythme, devient familier ; et, peu à peu, on fait l'expérience de soi. Un matin, on finit par ouvrir des yeux tout étonnés sur son propre nombril.

Vivre à l'étranger, c'est en effet se découvrir, se rencontrer en creux de tout ce qu'on ne connait pas ; c'est se retrouver dans le manque de ces choses qui font pourtant la banalité de nos jours ; c'est apercevoir son pays dans la frustration inévitable qu'engendrent les différences ; c'est se demander pourquoi l'exil nourrit nos rêves quand tout ce qui nous remplit est à portée de main.

Une pâtisserie, une terrasse de brasserie, un programme télé, un verre de vin, une boutique - autant d'éléments sans intérêt, ordinaires mais qui, chacun à leur façon, construisent notre espace intérieur sans que l'on s'en rende compte.

Alors, avant de maudire le réveil qui sonne le départ de votre journée type, avant de pester sur ces rues et ces lieux trop connus, trop arpentés, avant de soulever un sourcil blasé sur votre quotidien, souvenez-vous que cette galaxie stone, pâlotte et froide vous porte en vérité plus que le sol sur lequel vous marchez...

Et si vous vous en moquez, qu'à cela ne tienne : depuis EasyJet et Ryanair, le monde, mes amis, vous ouvre grand les bras !
par 'SteBen
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Retour à la page d'accueil

Commentaires

Ajouter un commentaire? Tu sais bien, ce que je pense de tout ça, de cette tentative d'adoption toujours vouée à l'échec, de ces lieux dont on pourra parler mais qui ne parleront jamais de nous... J'aurais voulu pouvoir opposer à ton article un sentiment très différent, pour le plaisir du débat, pour savoir ce qui fait que d'autres trouvent dans cet "ailleurs" l'objet de leur quête... Mais mon expérience de l'altérité est semblable à la tienne... tu sais bien!
commentaire n° : 1 posté par : Marine le: 05/06/2008 19:07:57
Je l'ai toujours dit, avoir vécu en Espagne m'a permis une chose entre toutes: me rendre compte que j'étais faite pour vivre en France. Le moment le plus émouvant a été celui de l'arrivée à l'aéroport, où j'ai reconnu les panneaux de signalisation français.

Par contre la contrepartie de cette volonté de se réapproprier un quotidien que jusque là personne autour de nous ne pouvait comprendre (les Anglais/Espagnols), c'est que l'on a du mal à accepter au retour que d'autres le partagent, et aient continué à l'expérimenter sans nous: les gens ont continué à parler français, à vivre au rythme de la culture française, alors que pendant toute l'année c'était NOTRE signe distinctif propre, notre identité. NIARF C'EST A MOI!!!
commentaire n° : 2 posté par : sue helen le: 12/06/2008 18:42:00

Règle d'or

Un passage = un commentaire de soutien pour l'expatrié !

Images Aléatoires

referencement sites internet sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus